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21/09/2009

Régularisation par le travail??? Pas gagné!

Paru dans l'Humanité, cet article donne à voir l'importance de l'engagement de tous les acteurs de la société dans le combat pour les droits des sans-papiers, entreprises comprises.

À Monoprix, les sans-papiers en tête de gondole

Dans un supermarché parisien, onze agents de sécurité se battent depuis six mois pour leur régularisation.

En dessus de la banderole « Foire aux vins », les grévistes ont planté les drapeaux rouges de la CGT, une pancarte « sans-papiers en grève depuis mars 2009 » et une table de camping pour les pétitions. Depuis le 9 septembre, onze grévistes d’ACP Protection, une entreprise de sécurité, ont investi le Monoprix de Strasbourg-Saint-Denis (Paris 10e). La chaîne de supermarchés est le principal donneur d’ordres de leur employeur qui emploie quelque 300 agents de sécurité.

Depuis mars dernier, ces huit salariés et trois licenciés se battent pour être régularisés. Tous ont les critères pour bénéficier de la régularisation par le travail, comme le prévoit la loi Hortefeux de 2007. Mais leur employeur refuse de payer la taxe de 900 euros par salarié qui permettrait de déposer leur dossier en préfecture. « Le dialogue est complètement bloqué, regrette Dominique Lafontaine, secrétaire fédérale de la CGT. Le patron pose des conditions inacceptables, comme leur démission ou un montage financier illégal pour qu’ils payent eux-mêmes la taxe ! » Le mois dernier, les grévistes ont tenté d’occuper le siège d’ACP Protection. Ils ont été délogés par la brigade anticriminalité (BAC). « Du jamais-vu », dénonce le syndicaliste, qui s’étonne que la BAC intervienne dans un conflit du travail.

Du côté des grévistes, le temps se fait long. Six mois de lutte sans résultat et sans salaire. « Le patron nous envoie nos fiches de paie avec des zéros partout, soupire Modibo Traoré. Il joue sur la montre. Mais nous, on n’a plus rien à perdre. L’entreprise affiche un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros et le patron refuse de payer 900 euros pour nous régulariser… » Parmi les grévistes, neuf travaillent pour la chaîne de supermarchés et deux pour les cinémas Gaumont. Ils dénoncent des conditions de travail scandaleuses : vacations de douze heures sans pause, salaires de misère (1 050 euros pour 151 heures). Gêné par la situation, Monoprix n’a toujours pas pris position. « Nous ne comprenons pas qu’ils restent indifférents, regrette Modibo Traoré. On a servi Monoprix avec loyauté et fermeté, on s’est sacrifié quotidiennement. »

Marie Barbier

 

Et là, en bonus, une vidéo diffusée par la CGT, à propos de ces grévistes.

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