Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/06/2015

Signé "FRONTEX" de Jean Marie Laclavetine: comprendre la politique migratoire.

Extraits de l'article de l'écrivain Jean-Marie Laclavetine dans le 159714_Lampedusa_actu.jpgN°42 du journal « Siné mensuel ». Cet article résume parfaitement le rôle et la place de l'agence Frontex dans le traitement européen de l'immigration.
« L'appellation en dit déjà long sur notre paranoïa d'assiégés. L'agence qui porte ce nom dispose de moyens purement militaires pour protéger l'Europe des invasions barbares. Hélicoptères, avions, bâteaux, radars, sondes:le budget se chiffre en millions d'euros chaque année, dans le seul but de refouler les migrants sur le pourtour de notre paradis de vieux.
Dans les medias, dans les partis, d'une seule voix on crie haro sur ls passeurs (qui sont en effet de belles ordures) comme s'ils étaient à eux seuls l'incarnation du mal. (...) A Lampesusa les centres d'accueil des migrants sont gérés par des sociétés privées, sur délégation d'Etat, sociétés qui emportent depuis ds années les appels d'offre et sur lesquelles la mafia a la mainmise. Chaque migrant rapport 30 euros pas jour, ils sont des milliers. Un mafieux mis sur écoute confiait que ce business est plus rentable et moins dangereux que celui de la drogue, hommes et femmes fournissanbt ensuite un main-d'oeuvre docile dans les champs, sur les chantiers ou sur les trottoirs. (...) La politique européenne suscite les déplacements (de population) en soutenant des régimes corrompus ou despotiques, et en organisant l'économie de l'Afrique exclusivement selon ses propres intérêts (cf. l'Accord de partenariat économique de 2013 qui interdit aux pays africains signatairs de taxer les produits importés par l'UE,mettant l'agriculture vivrière locale en concurrence avec l'agriculture européenne). C'est ainsi que l'on fabrique des migrants dont beaucoup arriveront chez nous car nous les demandons. Ils ne viendraient pas ici s'ils ne savaient pas qu'ils y trouveront du travail. Clandestin, ultra-précaire et sous-payé, certes, mais c'est toujours mieux que le cachot, la gamelle vide ou la tombe. »

Les commentaires sont fermés.