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27/04/2021

Des situations ubuesques de sans-papiers

L'association ASTI dénonce les situations ubuesques de sans-papiers

 

 Article du Dauphiné Libéré du 24 avril 2021

"Ils sont demandeurs d'asile ou de cartes de séjour, travaillent en France depuis plusieurs années, mais sont sous le coup d'un obligation de quitter le territoire.24.04.21 DL A et K - Copie.jpg

Pour l'ASTI Valence (Association de Solidarité avec tous les Immigrés), ils illustrent "les absurdités des décisions prises par l'administration". Il y a d'abord ce couple de trentenaires, Kushtrim et Aldiana, arrivé du Kosovo en février 2015 pour échapper à un mariage arrangé. "Mon père m'avait promise au fils de l'un de ses camarades, après la guerre du Kosovo, explique-t-elle dans un français impeccable. Après mon refus, il m'a enfermée pendant deux mois et demi".

Alors, le jour des fiançailles, ils ont fui, "sans retour possible" précisent-ils, ni sécurité, car le père d'Aldiana ne pardonnera jamais. A leur arrivée à Valence, la préfecture de la Drôme a mis un an pour examiner leur demande d'asile et la rejeter. Après un passage à Crest et Aouste-sur-Sye, logé par des associations, le couple revient à Valence. Promesse d'embauche en poche pour chacun, ils font la demande pour une carte de séjour.

En février 2021, Aldiana obtient un récépissé de la préfecture avec autorisation de travail. Elle occupe depuis un poste en CDI. Kushtrim n'a pas cette chance. Sa promesse d'embauche dans la restauration n'est plus valable avec la crise sanitaire. Deux semaines plus tard, il revient avec la promesse d'un CDI à temps plein. Mais aucun récépissé ne lui est octroyé, synonyme d'une impossibilité de travailler.

Le 8 avril, nouvelle convocation préfectorale. Cette fois-ci, ils se voient remettre une obligation de quitter le territoire (OQTF), avec interdiction de revenir en France et assignation à domicile.

« Des situations absurdes, kafkaïennes »

Même sanction, même parcours du combattant pour Touria, 55 ans. Arrivée du Maroc en 2007 pour rejoindre son mari français, elle obtient un titre de séjour. Puis son compagnon est condamné à trois ans de prison. La préfecture de l'Ardèche lui demande de prouver qu'elle n'a pas rompu sa vie commune et qu'elle lui rend bien visite. Envoyées, les preuves n'auraient pas été reçues, elle reçoit donc sa première OQTF.

Après avoir déménagé, son dossier est transféré à la préfecture de la Drôme et les soucis persistent. Depuis, elle alterne les convocations, les refus de carte de séjour et les recours. Dernier épisode en date, une nouvelle OQTF alors que le tribunal administratif de Grenoble doit étudier son cas à la fin du mois de mai. Pourtant, depuis dix ans, elle travaille dans une entreprise de nettoyage et paye ses impôts en France.

"On me demande de rentrer au Maroc, mais je fais quoi là-bas ? Je n'ai pas de maison ! Mon fils et mes amis sont là" , explique-t-elle les larmes aux yeux.

« Ce sont deux situations absurdes, kafkaïennes, estime l'Asti Valence. Ce sont des gens sans histoire qui cochent toutes les cases : ils parlent français, ils travaillent, ils ont créé du lien. Ils ont leur place dans notre société et on bousille leur vie. C'est ridicule. »

Contactée par Le Dauphiné libéré sur ces deux situations, la préfecture de la Drôme répond que « les conditions n'étaient pas réunies pour l'octroi d'un titre de séjour et que les intéressés ont fait appel de cette décision auprès du tribunal administratif ».

De son côté, l'Asti organise une mobilisation à Valence ce samedi 24 avril à 11 heures, place Porte-Neuve."                                                                                                                      

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